Poids akan en bronze doré, pendentif Gye Nyame et siège akan posés sur un pagne kente

Poids akan et symboles Adinkra : histoire et signification (Côte d'Ivoire, Ghana)

Ce qu'il faut retenir : les poids akan servaient à peser la poudre d'or, qui a tenu lieu de monnaie en pays akan du XVIIe au milieu du XIXe siècle. Ils étaient coulés en bronze à la cire perdue, chez les Akan de Côte d'Ivoire et du Ghana. Les symboles Adinkra, eux, sont un répertoire de signes qui résument chacun un proverbe ou une valeur. Les deux racontent la même chose : une culture qui met du sens dans les objets du quotidien.

Les poids akan, une monnaie qui se pèse

Avant la monnaie frappée, les royaumes akan échangeaient en poudre d'or. Chaque transaction demandait donc une balance, et une série de petits poids en métal pour établir la valeur. Ces poids s'appellent abrammuo en twi.

Un marchand possédait son nécessaire complet : la balance à deux plateaux, une boîte, une cuillère pour prélever la poudre, une plume pour balayer les grains, et sa série de poids. Chaque forme correspondait à une valeur connue de tous. Le système de mesure s'est construit au contact du commerce transsaharien et s'appuyait sur les étalons en usage dans le monde islamique.

La poudre d'or a servi de monnaie courante jusqu'au milieu du XIXe siècle. Les poids ont alors perdu leur fonction économique, mais pas leur valeur : ils sont restés dans les familles, se sont transmis, et sont aujourd'hui recherchés comme objets d'art.

Des objets coulés à la cire perdue

Les poids akan sont coulés en bronze, selon la technique de la cire perdue : l'artisan modèle la pièce en cire, l'enrobe d'argile fine, chauffe le tout pour évacuer la cire, puis coule le métal en fusion dans le vide laissé. Le moule est brisé pour dégager la pièce. Chaque poids est donc unique, puisque son moule n'a servi qu'une fois.

Certains sont obtenus par moulage direct d'un petit animal ou d'une graine, ce qui explique le réalisme saisissant de certaines pièces : la carapace d'un scarabée, les pattes d'une sauterelle.

C'est la même technique qui sert encore aujourd'hui aux bijoux coulés en Afrique de l'Ouest, notamment chez les Sénoufo.

Deux familles de formes

Les poids géométriques

Ce sont les plus anciens : disques, pyramides, damiers, spirales, lignes brisées. Leur dessin n'est pas décoratif au hasard. Chaque combinaison de motifs correspondait à une valeur, et la forme servait de repère immédiat au marchand qui la reconnaissait au toucher.

Les poids figuratifs

Ils apparaissent ensuite et racontent le monde : animaux, personnages, armes, instruments, scènes de vie. Un chasseur, une poule et ses poussins, un poisson, un tambour, un peigne. La plupart renvoient à un proverbe connu de tous.

Un poids pouvait donc porter un message : rappeler une dette, avertir, sceller une amitié, accompagner un cadeau. Peser l'or, c'était aussi échanger des mots.

Les symboles Adinkra

Les Adinkra sont un répertoire de signes akan, chacun lié à un proverbe, une valeur ou une idée. La tradition orale en attribue l'origine au royaume de Gyaman, à cheval sur l'actuelle Côte d'Ivoire et le Ghana, et à son roi Nana Kwadwo Agyemang Adinkra, dont le nom est resté attaché aux motifs.

Le plus ancien tissu adinkra conservé a été rapporté de Kumasi en 1817. Les symboles y sont imprimés à l'aide de tampons taillés dans des morceaux de calebasse, trempés dans une teinture préparée à partir d'écorce d'arbre. Le tissu était d'abord réservé aux funérailles et aux grandes cérémonies, et porté par les rois et les dignitaires.

Aujourd'hui encore, le village de Ntonso, à une vingtaine de kilomètres de Kumasi, vit de cette impression à la main. On retrouve les mêmes signes sur les tissus, les murs, les meubles, les logos d'universités et les bijoux.

Quelques symboles à connaître

  • Sankofa — « retourne et prends-le » : revenir chercher ce qu'on a laissé derrière pour avancer.
  • Gye Nyame — « sauf Dieu » : la souveraineté du Créateur. C'est le plus connu de tous, et il figure sur le billet de 200 cedis du Ghana.
  • Adinkrahene — des cercles concentriques : le chef des symboles, l'autorité et le charisme.
  • Dwennimmen — les cornes de bélier : la force qui va avec l'humilité.
  • Nkyinkyim — la ligne brisée : les détours de la vie et la persévérance. C'est lui qui inspire nos boucles d'oreilles AYEWA.
  • Duafe — le peigne en bois : la féminité, le soin, la beauté.

Poids akan et Adinkra : un même langage

Les deux répertoires se croisent. Certains poids reprennent des symboles Adinkra, et certains motifs Adinkra viennent des formes géométriques des poids. Dans les deux cas, le principe est le même : un objet utile qui transporte une idée.

C'est ce qui explique que ces formes se portent aujourd'hui en bijou sans trahir leur origine. Elles n'ont jamais été purement décoratives. Notre article sur le rôle social du bijou en Afrique prolonge cette idée.

Porter les symboles akan aujourd'hui

Chez Kaolack Créations, plusieurs pièces viennent directement de cet héritage :

Côté textile, le monde akan a aussi donné le kente, dont les bandes tissées obéissent à la même logique de motifs porteurs de sens.

Questions fréquentes

À quoi servaient les poids akan ?

À peser la poudre d'or, qui servait de monnaie chez les Akan de Côte d'Ivoire et du Ghana. Chaque poids correspondait à une valeur précise.

En quel métal sont-ils faits ?

En bronze, coulé à la cire perdue. Chaque moule étant détruit après la coulée, aucune pièce n'est identique à une autre.

Quelle est la différence entre un poids akan et un symbole Adinkra ?

Le poids est un objet de mesure, en métal. L'Adinkra est un signe, imprimé à l'origine sur le tissu. Les deux répertoires se rejoignent souvent : certains poids portent des symboles Adinkra.

Combien existe-t-il de symboles Adinkra ?

Plusieurs dizaines sont couramment recensés, et de nouveaux signes ont été créés au fil du temps. C'est un répertoire vivant, pas une liste fermée.

D'où viennent les symboles Adinkra ?

Du royaume de Gyaman, entre la Côte d'Ivoire et le Ghana. Ils sont ensuite entrés dans la culture ashanti, et le village de Ntonso, près de Kumasi, en perpétue l'impression à la main.

Peut-on porter un symbole Adinkra sans être akan ?

Oui. Ces signes circulent largement, en Afrique comme dans la diaspora. L'essentiel est de savoir ce que l'on porte : c'est tout l'objet de cet article.

Pour aller plus loin sur les bijoux africains et les traditions de parure à travers le continent, consultez notre guide complet des bijoux africains.

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